ACTE III, SCÈNE IV
( reijardant Hnxelane.) Je ue sais par (juel art elle m'avoit surpris. De mon égarement innocente victime, Votre cœur gëmissoit ; j'en coniiois mieux le prix. Qu'elle soit désormais l'objet de nos mépris.
(à Elmire tendrement.) Rendez-moi votre amour, et pardonnez mon crime.
ELMIRE
On n'est point criminel lorsque l'on est aimé. ( dun ton plus bas.)
Je vous pardonne tout. Mais mon cœur alarmé...
SOLIMAN, baisant la main dElmire, mais regardant toujours Roxelane pour juger de l'état de son ame.
Il reprend sur le mien un éternel empire. (// examine Roxelane.)
J'excite ses regrets...
( Roxelane, pour examiner aussi le sultan, détourne un peu la main dont elle se couvroit le visage: leurs regards se rencontrent, Roxelane rit, et Solimati marque la plus grande surprise. Ce moment doit faire situation.)
O ciel ! je la vois rire.
R o X E L A N E , nanf à gorge déployée.
Ah ! ah ! ah! ah ! Seigneur, vous allez vous fâcher;.
Mais, maigre mon respect, je ne puis m'empêcher. .
ELMIRE
Quelle nouvelle insulte?
§OXEL.\NE.
Ah! ah' ali'.
33o LES TROIS SULTANES.
SOLIMAN
Quelle audace !
ROXELANE
Ah! laissez-moi rire , de grâce...
Ah! ah! ah! ah!
SOLIMAN
Je veux savoir pourcpioi...
ROXELANE
Il se peut qu'Elmire vous aime, Mais vous ne l'aimez pas.
SOLIMAN. f
Qui donc aimé-je?
ROXELANE
Moi.
Je ne suis pas dupe du stratagème.
SOLIMAN
Vous que je dois punir, qui m'osez outrager!
ROXELANE
Seigneur , on aime encor , quand on veut se venger.
Si je vous suis indifférente, Renvoyea-moi : nous y gagnerons tous.
Déjà je commençois à me trouver contente. Pourquoi me rappeler? et quelle est votre attente ?
Espérez- vous un sort plus doux?
SOLIMAN
Eh bien ! préférez l'infamie A toutes les grandeurs...
Laissez ce cœur abject.