ACTE III, SCENE IX
BOXELANE.
Oui, mais n'en espérez rien.
Maîtresse d'un penchant que ma fierté condamne , Allez, j'y remédierai bien.
SOLIMAN
M'aimer, me fuir; mais quelle inconséquence !
ROXELANE
L'cimour aime la liberté.
Il veut encor l'égalité :
Votre pouvoir emporte la balance.
Mou très auguste souverain Me prendroit aujourd'hui pour me quitter demain. Oh ! je dois m'assurer contre son inconstance; Il ne m'obtiendra point sans être mou époux, s o L 1 M A .\ .
Quoi ! Roxelane, y pensez-vous?
ROXELANE
si mon amant n'avoit qu'une chaumière , Je voudrois partager sa chaumière avec lui.
Je soulagerois sa misère ; Je le consolerois, je serois son appui :
L'offre même d'une couronne Ne me feroit jamais changer de sentiment.
Mais mon amant possède un trône , Si je ne le partage, il n'est pas mon amant.
SOLIMAN
Vous me jetez dans un étonnement ! . , .
ROX ELANE.
Je n'ai point l'orgueil téméraire
De vous prescrire aucune loi.
Vos grandeurs ne sont rien , mais ma gloire m'est chère Vous aimer en esclave est un affront pour moi.
Si vous ne me trouvez pas digne De régner sur vos Turcs, j'en ai peu de souci; Je ne désire point cette faveur insigne.
Dans mon pays je serai mieux qu'ici; Toute femme jolie, en France est souveraine.
De grâce , laissez-moi partir.
Je l'avouerai, je vous quitte avec peine; Mais il le faut; adieu.
SOLIMAX.
Pourrois-je y consentir?
s'il dépendoit de moi, Roxelane, je jure...
ROXELANE
C'est une mauvaise raison.
SOLIMAN
Peut-être avec le temps...
ROXELAN E.
Non , non.
De mon sort je veux être sûre :
Que je sois votre épouse, ou bien vous me perdez; J'ai pris mon parti. Décidez.
Mais un sultan.
ROXELANE
Peut tout.
SOLIMAN
Mais nos lois.