ACTE III, SCÈNE IX
ROXELANE
Je m'en moque.
SOLIMAN
Le mufti, le visir, l'aga...
ROXELANE
Qu'où les révoque.
SOLIMAN
Mou peuple...
ROXELANE
A-t-il le droit de gêner votre cœur?
Vous le rendez heureux, il vous défend de l'être? Est-ce à lui de borner les désirs de son maitre,
De lui marquer le degré du bonheur?
Epouse d'un sultan, une femme estimable. Qui fait asseoir la tendre humanité ' A côté de la majesté , Qui tend à l'infortune une main secourable,
Adoucit la rigueur des lois , Protège l'innocence , et lui prête sa voix, Aux yeux de ses sujets le rend-elle coupable?
Sans cesse , avec activité.
Elle étudie, elle remarque Ce qui nuit, ce qui sert à votre autorité ,
Vous présente la vérité.
Le premier besoin d'un monarque ;
En la montrant dans tout son jour, Elle sait l'embellir des roses de l'amour.
Eh ! quel autre auroit le courage
D'en offrir seulement l'image?
Est-ce un courtisan toujours faux,
Qui ne trouve son avantage v^u a vous tromper, qu'à flatter vos défauts ?
Une compagne qui vous aime , A vous rendre parfait fait consister le sien. Les vertus d'un époux deviennent notre bien,
Et sa gloire est la nôtre même.
SOLIMAX.
Que le sérail se rassemble à ma voix.
C'en est assez , ma craiute cesse , Et mon amour n'est plus une foiblesse ;
Vous êtes digne de mon choix.