‹ Chefs d'œuvre dramatiques de Collé, et FavartChapitre 28 sur 231 · DES RONAIS, MARIANNE, M. DUPUIS · texte numérisé non relu

DES RONAIS, MARIANNE, M. DUPUIS

DESRONAIS, au fond du théâtre., à Marianne. Eh ! se peut-il que cela soit?

MARIANNE

Rien n'est plus vrai.

DES RONAIS.

c'est un fait incompréhensible.

M. DDPUis, à part, au bord du théâtre.

Conservons bien notre sang-froid.

DES RONAIS, à Marianne, en avançant.

Mademoiselle, non... non, il n'est pas possible... MARIANNE, l'interrompant.

Mais , si vous ne m'en croyez pas , Venez le demander à mon père lui-même.

, DES RONAIS, avec colère.

Lui demander! le puis-je?... Hélas!

Je crains, dans ma colère extrême...

MARIANNE, l'in terrompa nt.

Parlez-lui; mais modérez-vous. DES RONAIS, à M. Dupais, avec une colère qu'il veuf

retenir, et qu'il laisse échapper malgré lui. I)ois-je croire, monsieur, qu'éprouvant ma constance,

Que lui portant les derniers coups , Et de prétextes vains lassant ma patience, Vous différiez encor notre hymen?

M. DUPDis, d'un ton ironique el froid.

Calmez-vous.

Mon dieu ! pourquoi vous mettre en un si grand courroux? Ne vous croyez-vous pas sûr de votre innocence? Là, sans aigreur, expliquons-nous.

Ah ! sans choquer les vraisemblances.

Pour vos galantes imprudences J'ai pu souvent avoir quelques doutes sur vous.

MARIANNE, Vivement.

Eh! ces doutes, mon père, il les lèvera tous. Tous ces doutes sur lui, détaillez-les de grâce; Il les éclaircira.

M. DU PUIS, toujours du ton de l'ironie. Mais , moi , je n'en ai plus ; Ils sont tous éclaircis , ils sont tous résolus. Depuis que je ne vous cd vus, Les choses ont changé de face.

MARIANNE

J'en étois sûre , et je l'avois bien dit Que Des Ronais m'étoit fidèle.

M. BVPVis, ironiquement.

A présent, c'est sans contredit...

Mais , moi , ma chère demoiselle , Mais, moi, pouvois-je deviner Qu'en ce siècle léger l'on fût amant fidèle?

Or j'ai donc pu le soupçonner.

Quoiqu'il vous adorât, d'aimer une autre belle..

Page 1