ACTE II, SCÈNE VI. 4i
{(Tun ton stk'icux et affirmatif. ) C'est par méprise, sans finesse, Que je l'ai lue, et par pur accident.
MARIAXNE, avec vivacité.
De qui la lettre est-elle?
M. DU PUIS, (Cun ton railleur.
Elle est d'une comtesse, Que je ne connois pas; mais que, probablement. Monsieur connoît beaucoup... mais excessivement
DES RONAis, à part.
Je suis perdu!
MARIANNE, à M. Dupuis.
Comment^ M- UUPUIS, à Marianne, en lui montrant Des Roiiain.
Tiens, tiens : vois-tu son trouble?
J'en suis édifié : cela marque un bon fond.
DES RONAIS, balbutiant.
Je ne me.... troxible... point.
M. D u P u I s , en riant , à Marianne.
Son embarras redouble.
Sa voix, ses yeux, son air, sa peur, tout le confond. M A R I A N N E , rfif ton cle l'incertitude. Mais, c'est peut-être un tour que l'on lui joue, Pour que ma jalousie...
M. DUPUIS, l'intenompant.
Un moment, un moment :
Lisons lajettre; et qu'il la désavoue , Ou qu'il s'en justifie.
M ARIA N NE, à Des Ronais.
Eh bien! monsieur, . Comment !
42 DLPUIS ET DE8 RONAIS.
Vous ne répondez rien?... Ab! Des Ronais!
M. DU PUIS
Écoute Le billet qu'on écrit à cet homme galant. Tu verras que tantôt j'avois raison , sans doute. Pour l'épouser si vite il est trop sémillant.
(// veut lire.) « Ce lundi .. »
DES RONAis, t interrompant et le tirant par la man~ che, en se cachant de Marianne , et voulant l'empêcher de lire.
Eh! par grâce !...
M. DU PUIS, secouant la tête.
Oh ! non pas... Sans votre façon dure.
Vos reproches amers sur ma mauvaise foi ,
Ce n'eût été qu'entre vous seul et moi
Que j'eusse fait cette lecture;
Mais , pour me disculper de tous mes torts , je voi
Qu'à ma fille, à présent, malgré moi, je la doi...
{se retournant vers sa fille. ) Lisons donc, pour cela , la lettre de la dame.
[Il lit.)
« Ce lundi. »
« Comment donc! depuis plus d'un mois vous tour- » nez la tête à votre comtesse, et il y a huit grands " jours qu'elle n'a entendu parler de yous! Voilà une " bonne folie ! Ceci auroit tout l'air d'une rupture, si «je voulois y entendre; sur-tout, depuis la dernière « lettre que j'ai reçue de vous, et qui étoit si gauche !...