‹ Chefs d'œuvre dramatiques de Collé, et FavartChapitre 40 sur 231 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

M. DUPUIS, rêveur.

Rien ne pourra-t-il ramener Dans ma maison la paix intérieure?

J'ai bien fait aujourd'hui le plus morne dîner Que l'on se puisse imaginer!

Voir d'un côté Marianne qui pleure; De l'autre, son amant triste et désespéré. Prêt à faire éclater un dépit concentré... Mais, que leur vain chagrin augmente ou se dissipe. Je soutiendrai tous leurs combats.

Je pars toujours de mon principe :

Non, ils ne se marieront pas.

Ils ont beau faire , avant le terme Que je me suis prescrit, et que j'y mets. Et que tous leurs efforts n'avanceront jamais. J'ai la raison pour moi ; je demeurerai ferme... Marianne me quitte et vient de me presser. Des Ronais va venir... S'ils vont recommencer. Je leur dirai tout net ma façon de penser, Et les suites qu'elle renferme...

{apercevant Des Bonais. ) ^lais, le voici.

[Des Ronais paraît. Ils se saluent, et ils sont un instant sans se parler et à se regarder. )

6o DUPUIS ET DES RONAIS.

SGÈINE IV.

DES RONAIS, M. DUPUIS.

DES RONAIS, d'un air doux et affectueux. Monsieur, au nom de l'amitié Et de la plus vive tendresse.

De mes tourments ayez quelque pitié...

Ah ! si mon sort vous intéresse , Vos yeux me verront-ils sans cesse Dans la peine et dans la douleur,

Quand dans vos mains vous tenez mon bonheur? M. D DP DIS, dun air railleur et de gaieté affectée. Mon cher ami, je vous confesse Oue'je ne puis croire au malheur D'un galant tel que vous, d'un aimable vainqueur Adoré par une comtesse ; Sans ce que j'ignore, d'ailleurs...

Sur vos pas , moi , je ne vois que des fleurs : L'hymen les faneroit au printemps de votre âge.

DES K ON AI s.

Le trait piquant d'un cruel badinage Passant le but le manque. .. Il ne me touche plus. . Mais d'un ton sérieux traitons mon mariage , Et parlons net la-dessus , Ou bien je prends tout ce langage Et vos délais pour des refus.

M. DUPUIS, dun ton sérieux et impatient. A des réponses sérieuses Croiriez-vous gagner?... En ce cas,

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