ACTE III, SCENE V
Dans ses différents mouvements...
(à Marianne , en pleurant.) Non, je ne serai point , ma fille , assez barbare ,
Pour résister aux sentiments , Aux traits d'une amitié si naïve et si rare.
MARIANNE
Mon père!...,
M. D u P u I s , iinterrompant impétueusement. Mon enfant, tu ne m'as point ôté Sur la trop foible humanité Ma façon de penser, que l'on nomme cruelle , Et qui pourtant, au fond , n'est que la vérité; Mais je cède aux transports dont je suis agité. Je ne veux point laisser à*na raison fidèle Le temps de refroidir ma sensibilité...
Qu'aujourd'hui votre hymen se fasse...
( montrant Des Ronais. ) Aujourd'hui donne-lui la main...
.le ne répondrois pas demain De t' accorder la même grâce...
Mais dans ce moment-ci, que j'ai peur qui ne passe, Je me regarderois comme un père iidiumain , .Si plein du trouble tendre où mon amc s'emporte.
Je persistois encor dans mes refus , Et si je combattois cette impression forte
Qu'en cet instant font sur moi tes vertus. MARIANNE, très vivement .
Mon père, je suis assurée Qu'un jour nous vous ferons clianger de sentiment; Et je refuserois votre consentement ,
Si (l'amitié pour vous mon ame pénétrée Ne comptoit éternellement Sur la force et sur la durée D'un aussi saint attachement.
DES RONAIS, rfe Cair le plus passionné , à M. Dupuis. Et vous, mon père, aussi, recevez le serment Que je fais de mourir, si je vous abandonne... Et pardonnez au transport insensé Qui m'a tantôt...
M. DUPUIS, l'interrompant.
Oublions le passé...
Va, mon enfant, je te pardonne, Et ne fais point les choses à demi...
Le notaire ici \»se rendre...
Souviens-toi, Des Ronais, de cette scène tendre : Et s'il se peut , sois toujours mon ami , Quoique tu deviennes mon gendre.
LA