‹ Chefs d'œuvre dramatiques de Collé, et FavartChapitre 50 sur 231 · SCÈNE · texte numérisé non relu

SCÈNE

LE DUC DE BELLEGARDE, le marquis DE CONCHINI, tous deux en uniforme de chasse.

LE MARQUIS DE CONCHINI, d'u7i air tristc.

Nous voici donc, depuis quatre jours, à Fontainebleau, et nous allons partir, dans deux heures, pour la chasse, mon cher duc de Bellegarde.

LE DUC DE BELLEGARDE, à part.

Mon cher duc de Bellegarde!... Le fat!... ^/mwf.) Oui, mon très cher marquis de Conchini,

8o LA PARTIE DE CHASSE DE HENRI IV.

nous allons aujourd'hui prendre un cerf... peutêtre deux... et, au retour, nous soupons avec le roi, car il vous a noiumé aussi, vous, monsieur... ( cfun ail- mystérieux. ) Cela s'arrange merveilleusement avec vos vues, que j'ai pénétre'es... Pour moi, cela me contrarie un peu; mais cela fait le désespoir, à coup sur, d'une très grande dame, qui ne m'avoit pas destiné à souper ce soir avec le roi.

LE M.\RQU1S DE CONCHINI.

Je vous en livre autant; et cette chasse, et ce souper, sur-tout, que dans tout autre temps j'eusse désiré avec passion, me désolent dans ce moment-ci

LE DUC DE BELLEGARDE, d'iiu air léger.

Vous désolent, monsieur de Conchini?...Eh! mon dieu, oui, je sais bien, et vous me dites encore hier au soir que votre dessein étoit d'aller faire aujourd'hui un tour à Paris , pour voir votre petite Agathe... {(Tun ton plus sérieux.) Mais, mon très cher monsieur, vous n'êtes pas assez constamment dans les bonnes grâces du roi pour que ce contre-temps-ci, si c'en est un si grand que l'honneur de souper avec votre maître , puisse tant vous désoler.

LE MARQUIS DE CO>'CUIISI

D'accord, monsieui le duc ; et je sens bien que

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