MARGOT, CATAU
M VBGOT.
Vois, Catau , vois , ma fille, s'il ne manque rian ànot' couvert; si t'as ben apporte' tout c'cjui faut sur la table. V'Ià Michau, v'ià ton père qui va rentrer de la forêt.
CATAU, regardant sur la table.
Non, ma mère, rien n'y manque. Tout estben arrangé à présent; mon père trouvera tout prêt.
i46 LA PARTIE DE CHASSE DE HENRI IV. tA s.^ G o T ^ y regardant elle-même.
Oui, oui, v'ià qu'est ben, mon enfant. Le souper est retiré du feu ; je Tons mis sus de la cendre chaude : il n'y a plus rian à voir de ce côté -là ; ainsi remettons-nous donc à not' ouvrage, car ne faut pas et' un moment sans rian faire. CATAU, se remettant h l'ouvrage^ ainsi que sa
mère, chacune assise^ et la mère auprès du
rouet, où elle file, tandis que sa fille prend
de la toile , où elle coud.
Vous avez raison, ma mère.
MARGOT
C'est que l'oisiveté est la mère de tous vices... Eh! tiens, si c'te petite Agathe n'avoit pas été élevée sans rian faire , cheux c'te grande dame , elle n'auroit pas écouté ce biau marquis ; elle ne s'en seroit pas allée avec lui, comme une criature, si elle avoitsu s'occuper comme nous, ma fille.
CATAU
Tenez, maman, v'ià mon frère qui arrive ce soir; je gage qu'il nous apprendra qu'Agathe est innocente de tout ça. Oh! je le gagerois, car je l'ai toujours crue sage, moi.
MARGOT
Oui , sage , je t'en réponds ! V'Ià une. belle sa-