ACTE V, SCÈNE V. i5i
jime PATIN.
Il ne l'a pas frappe, peut-être?
Li: eiLE.
Je crois qu'il n'a pas ose' ; mais ce qui me fâche le plus, c'est que mon père m'a donne ces deux soufflets devant lui.
jjme PATIN.
Le brutal !
LUC ILE
Cela me tient au cœur, voyez-vous ; et j ai bien re'solu de m'en venger.
^me PATIN.
Hé bien, ma nièce, qu'est-ce que je puis faire
pour vous?
L rciLt.
J'aurois besoin d'un bon conseil , ma tante.
Mme PATIN.
Mais encore?
LU Cl LE.
Ce monsieur m'a priée de trouver bon qu^^il m'enlevât. Conseillez-moi d'v consentir, ma tante, vous ne sauriez me faire plus de plaisir.
^Iine PATIN.
Si je vous le conseillerai, ma nièce ! il ne faut pas manquer cette affaire faute de résolution. Où est-il à présent?
LU Cl LE.
Il est allé prendre deux mille pistoles chez son
i52 LE CHEVALIER A LA MODE.
intendant, et il doit se rendre, dans son carrosse , à la place des Victoires, où j'ai laissé Marton pour l'attendre, et pour me venir dire quand il y sera.
LISETTE, bas.
La partie n'est pas mal liée; mais ilne sera pourtant pas difficile à monsieur Serrefort de la rompre.
Mme PATIN. •
Voici ce qu'il y a à faire , ma nièce : dès que votre amant sera au rendez-vous, il faut qu'il vienne ici, je serai bien aise de le voir; je ferai mettre six chevaux à mon carrosse, et vous irez ensemble à une maison de campagne, où je répondrois bien qu'on n'ira pas vous chercher.
LU CI LE
Ah, ma bonne tante ! que je vous ai d'obligation ! Mais il faudroit envoyer quelqu'un dire à Marton de l'amener.
mme pA ri>.
Envoyez-y un laquais, Lisette.
LISETTE
Oui, madame, (bas.) Je vais l'envoyer chez monsieur Migaud; la fête ne seroil pas bonne sans lui.
LU Cl LE.
Au moins, ma tante, ce n'est que par votre