SCENE X
sommes ici bonne compagnie; renvoie ion e'quipage, et passe quelques jours avec nous. M. BERNARD, bus , « M. Griffard.
Eh bien ! ne voilà-t-il pas comme ils font les honneurs de chez moi ?
LE MARQUIS
Hem? Je ne barguigne point, comme vous voyez, et je suis sûr que vous me saurez gré de me saisir ainsi de l'occasion; la dame du logis ne me querellera pas non plus, je crois. Baron, te faudra-l-il beaucoup prier pour te faire demeurer à la cour de cette princesse ?
M. BERNARD
Si cet homme-là connoît toute la noblesse du pays, il me fera des amis, malgré que j'en aie, de tout le monde.
SGÈINE XL
M. BERISARD, madame BERNARD, LE MARQUIS, LE BARON, M. GRIFFARD.
LE M A R Q u I S , rt madame Bernard. Madame , voilà un gentilhomme que je vous présente.
LE BARON
Je suis bien heureux , madame , d'être voisin
190 LA MAISON DE CAMPAGNE, d'une si belle personne, et le peu de bien que j'ai dans ce pays-ci me sera désormais plus prérieux que les plus belles terres du monde.
M™e BERNARP.
Monsieur, je suis votre très humble servante.
LE MARQUIS
Ce baron n'est point fat , au moins : je le de'bauche , madame, et je le fais rester ici.
M™e BERNARD.
Vous ne sauriez faire plus de plaisir à monsieur et à moi.
M. B E R >' A R D , bas , à madame Bernard.
Vous en avez menti, carogne, et vous savez bien le contraire.
LE BARON
J'ai bien du regret, madame, de ne pouvoir pas profiter de l'honneur que vous me faites ; mais j'ai chez moi quelques dames de mes parentes, que je ne puis pas quitter honnêtement.
LE MARQUIS
Bon! tu te moques. Il a chez lui des dames , et nous avons des dames ici : joignons toutes nos dames ensemble. Çà, baron, sans façon, envoyons chercher les tiennes. Plus on'est de fous, plus on rit.
M. BERNARD, baS.
Voilà un expe'dient admirable. J'enrage!
SCKNE XI. 19»
LE BARON
Il faut donc que je les aille prendre moi-même.
M. BERNARD
Fort bien.
LE BARON
Vous le voulez absolument, au moins?
M. BERNARD
Point du tout ; et si cela vous gêne , je vous assure que de mon côté...