‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Dancourt (volume 2)Chapitre 179 sur 192 · SCENE XIV · texte numérisé non relu

SCENE XIV

CID ALISE

Je n'en puis revenir.

ANGÉLIQUE

• Moi , je ne puis m'empécher d'en rire. Nos fortunes sont pareilles, à ce que je vois.

LA COMTESSE

Comment, comment donc ? Qu'est-ce que cela signifie ?

ANGÉHQCE.

Que vous vous confiez à vos rivales, madame.

LA COMTESSE

A mes rivales !

ANGÉLIQUE

Ne vous en fâchez point, madame; ce seroit à nous de nous plaindre. Depuis un mois il est parti pour moi, il y a quinze jours qu'il fit ses adieux à Cidalise , et ce n'est que d'hier qu'il prit congé de vous : il semble que vous n'êtes pas la plus maltraitée.

LA COMTESSE

Je ne comprends rien à ce que vous me dites.

ANGÉLIQUE

Ce petit gentilhomme fera une belle campagne cette année.

LA COMTESSE

Assurément, il fera une belle campagne; et je n'ai rien épargné pour son équipage.

CIDALISE

Pour son équipage, madame ?

LA COMTESSE

Oui vraiment, pour son équipage.

ANGÉLIQUE

Pour son équipage? ah! il n'y a pas le mot k «lire , et ce n'est pas sans raison qu'il a quitté madame la dernière.

LA COMTESSE

Je ne donne point dans vos plaisanteries , et je sais ce qu'il faut que j'en pense.

ANGÉLIQUE

Il n'est peut-être pas encore bien parti , et dans quinze jours je ne désespère pas que quelqu'une de nos amies ne nous vienne apprendre de ses nouvelles. C'est un petit volontaire qui sert les dames par quinzaine.

CIDALISE

Non, je déteste tous les hommes, et je n'en verrai de ma vie que pour les mépriser et me moquer d'eux.

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