SCÈNE XVI
AiSGÉLIQL-E, CIDALISE, LA COMTESSE, LISETTE, M. PATIN.
M. PATIN
Vous ne m'attendiez que ce soir, madame, mais je me dérobe à mes affaires pour me donner tout entier au plaisir d'être auprès de vous.
ANGÉLIQUE
Vous venez fort à propos, monsieur Patin, et notr»; petit cercle avoit besoin d'un chapeau.
M. PATIN
Je suis ravi de trouver si bonne compagnie , et ces dames, je crois , voudront bien être de la partie que je viens vous proposer.
LA COMTESSE
Quelle partie? Il faut savoir auparavant ce que c'est.
M. PATl?î,
C'est un petit régal que j'espère ce soir avoir l'honneur de donner à madame dans ma maison de campagne, qui n'est qu'à demi-lieue d'ici.
ANGÉLIQUE
Quoi! toujours régal sur régal; tous les jours des cadeaux, et des présents même. Je ne parle point de ce que vous perdez au jeu ; mais en vérité, monsieur Patin, vous vous jetez dans une dépense effroyable, et il faut être ce que vous êtes pour la soutenir.
M. PATI>-
Vous moquez -vous, madame? Ce ne sont là que des bagatelles.
LISETTE
Eh, madame ! ces messieurs les financiers entendent bien leurs affaires ; et s'ils font en été si grosse dépense avec les dames, ils ont pendant l'hiver en revanche tout le temps de se ménager.
M. PATIN
Oh ! pour moi , l'hiver et l'été , je vais toujours le même train.
Cl DALI SE.
Vous êtes heureux d'y pouvoir suffire.
L'ÉTÉ DES COQUETTES. -i-^,