SCÈNE I
M. SERREFORT, LISETTE.
LISETTE
Au moins, monsieur, dites-lui bien que vous êtes entré malgré moi : elle n'y veut pas être, comme je vous dis ; et vous me feriez quereller infailliblement.
M. SERREFORT.
Ne te mets pas en peine, je la chapitrerai de manière qu'elle n'aura pas la hardiesse de quereller de plus de huit jours. L'extravagante ! Elle se fait de belles affaires ! S'il faut malheureusement que celle-ci éclate à la cour, nous ne pourrons jamais nous parer de quelque grosse taxe.
LISETTE
De quelle affaire parlez-vous là ?
M. SERREFORT.
Est-ce que tu n'étois pas avec elle ce matin quand elle a eu bruit avec cette femme de qualité?
LISETTE
Vous savez déjà cette aventure ?
4o LE CHEVALIER A LA MODE.
M SERREFORT.
Je l'ai sue un quart d'heure apiès qu'elle est arrivée; et, comme on achevoitde me la conter, monsieur Mi^jaud est venu m' avertir du dessein où elle est d'e'pouserun certain chevalier de Ville- Fontaine.
Franchement, monsieur, vous avez là une belle-sœur qui vous donnera de la peine à la réduire : je doute que vous en veniez à bout.
M. SERREFORT.
J'y brûlerai mes livres.
LISETTE
Sur-tout ne manquez pas de crier bien fort, et de prendre un ton d'autorité avec elle ; car, voyezvous , quoiqu'elle vous méprise quand vous n'y êtes pas, elle vous craint quand elle vous voit , et elle n'ose pas vous contredire en face.
M. SERREFORT.
Laisse-moi faire.
LISETTE
La voici.