ACTE II, SCENE IV
LUC ILE
Que vous vouliez épouser un homme de la cour, et il a résolu je ne sais combien de choses pour vous en empêcher.
M™e PATIN.
Et qui peut avoir dit cette nouvelle, Lisette ?
LISETTE
Je ne sais , madame. Le chevalier a causé peutêtre : les chevaliers sont de grands causeurs ordinairement.
LUCILE
Le moyen de rompre ses mesures , c'est de faire vos affaires tout doucement, ma tante, et de vous marier en cachette.
Mme PATIN.
Je sais ce qu'il faut queje fasse. Les gens qui ont dit cette nouvelle sont des bêtes, et votre père aussi.
LUCILE
Je vous demande pardon , ma tante; mais j'ai une démangeaison furieuse de vous voir femme <le quahté.
Mme PATIN.
Vous aurez bientôt ce plaisir-là, et je vous conseille , par avance, de commencer de bonne heure à garder avec moi certain respect où vous devez être, et où vous auriez peut-être peine à vous accoutumer dans la suite.
5o LE CHEVALIER A LA MODE.
LUC ILE
Comment donc, ma tante?
M"»e PATIN.
Défaites-vous sur-tout de ma tante , et servezvous du mot de madame, je vous prie, ou demeurez chez votre père.
LU CI LE
Mais , ma tante , puisque vous êtes ma tante , pourquoi faut-il que je vous appelle autrement?
■Vime PATIN.
C'est qu'étant femme de qualité, et vous ne l'étant pas, je ne pourrois pas honnêtement être votre tante, sans déroger en quelque façon.
LUCILE
Oh! que cela ne vous embarrasse pas, ma tante; je deviendrai bientôt aussi femme de qualité.
iVime PATIN.
Que dites-vous ?
LUC ILE
Il ne tiendra qu'à moi d'être pour le moins aussi grande dame que vous.
j^mc PATIN.
Plaît-il ?
LUCILE
Je connois un seigneur tout des plus jolis, que j'ai vu plusieurs fois aux Tuileries, qui m'épou-