ACTE m, SCENE IV
M"»« PATIN
Il peut vou» en dire des nouvelles mieux que moi.
CRISPIN
Monsieur...
LE CHEVALIER
Veux-tu parler , maraud ?
CRISPI N
Monsieur, c'est la liste de vos maîtresses, que madame a achetée au Palais.
LE CHEVALIER
La liste de mes maîtresses !
jjme PATIN.
Ah ! scélérat !
LE CHEVALIER
Qui t'a fait écrire ces sottises-là, maroufle?
CRISPIN
Ne vous ai-je pas dit, monsieur, que c'étoit l'autre jour, en badinant avec Jeanneton?
jVime PATIN.
Quelle est-elle , Jeanneton ?
LISETTE
C'est une des maîtresses de monsieur Crispin , apparemment.
CRISPIN
Non, le diable m'emporte. C'est cette mar-
chanJe de bouquets qui est à la porte des Tuileries.
IVitne PAT IX.
Qui? cette malheureuse?
CRISPI>-
Comment , madame ! c'est une des plus jolies créatures que nous ayons. Il faut savoir aussi comme elle est employée , et combien de femmes des plus huppées sont ravies d'avoir cette Jeanneton-là dans leurs intérêts ! Oh diable ! c'est une illustre, vous dis-je, et qui ménage elle seule plus d'intrigues que la Guerbois ne vend de lapins en toute une année.
jyime PATIS.
Quel galimatias me fais-tu là de la Guerbois et de Jeanneton ?
CRISPI>"
C'est pour vous dire, madame, que cette Jeanneton est une des amies de mon maitre, et que, comme je la trouve drôle , je suis de ses amis ; et que l'autre jour, comme je vous ai dit, nous nous mîmes à griffonner ensemble cette liste, et nous forgeâmes des noms, des qualités et des demeures, qui ne sont que dans l'imagination de Jeanneton et dans la mienne.
^uie PATIN.
Fort bien ; voilà ton maitre pleinemenl justifié.