ACTE III, SCENE IV
C'est un nom en l'air que celui de Doiiméne, je ne la connois pas, et tout cela n'est qu'un jeu d'esprit de monsieur Crispin ? !N'est-il pas vrai , chevalier ?
LE CHEVALIER
Non, madame : je connois Dorimène , et peutêtre toutes celles qui sont sur ce papier. Il y en a même , je crois , beaucoup d'oublie'es ; mais ce ne sont point mes maîtresses : et, puisque monsieur Crispin s'est diverti âmes dépens, et que cette liste vous irrite si fort contre moi, je prétends que ce soit lui qui me justifie.
CRISPIN
Moi, monsieur?
LE CHEVALIER
Oui , coquin. Donnez-vous la peine de lire , madame ; et vous , monsieur le maroufle , à chaque article, expliquez à madame les raisons qui me faisoient voir toutes ces femmes-là.
CRISPIN
Voilà une bonne diable de commission. Monsieur, vous expliqueriez mieux que moi...
LE CHEVALIER
Non , non : votre imagination a fait la sottise , il faut que ce soit votre bouche qui la répare. Variez, faquin, ou je vous donnerai cent coups de bâton.
CRISPIÎS.
Mais que diable voulez -vous que je dise, monsieur ?
LE CHEVALIER
Lisez, lisez seulement, madame.
mme PATIN.
Ma pauvre Lisette , il le prend sur un ton qui
me fait croire qu'il n'est point coupable.
Et c'est ce ton-là qui me le feroit croire plus scéle'rat.
LE CHEVALIER
Hë bien, madame, que ne l'interrogez-vous ? qui vous retient ?
Mme pATIJf.
La crainte de vous trouver doublement perfide.
LE CHEVALIER
Ah! je m'expose à tout, madame, et je n'ai rien à craindre.
M™e PATIN.
Ah ! chevalier, que n'étes-vous innocent ! mais je tâche en vain de vous trouver tel. Qu'allezvous faire, dites-moi, chez cette comtesse qui demeure à l'hôtel' de Picardie.? quel charme, quel mérite vous attire chez elle ?
LE C H E VA H E B , rt Clispin .
Eclaircis madame.