‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Dancourt (volume 2)Chapitre 63 sur 192 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

MAnvME PATIN, LE CHEVALIER, M. GUILLEMIN, LISETTE, CRISPIN.

TVjme PATIN.

Approchez, monsieur, approchez.

LE CHEVALIER

Non , monsieur Guillemin , retournez cliez vous, je vous prie. Je vous avois averti ce matin pour un contrat de mariage, mais je ne prévois pas que la cliose se fasse. Madame a changé de pensée : je suis devenu en un moment le plus scélérat de tous les hommes ; et , parceque j'ai la réputation d'être trop aimé , je lui parois indigna de l'être.

OriLLEMIX.

Comment donc , madame ? Vous avez des sentiments bien étranges !

j^ime PATIN.

Passez, passez dans mon cabinet, monsieur Guillemin ; monsieur deviendra raisonnal>le. Venez, monsieur l'emporté, venez voir comme on vous croit indigne de la tendresse qu'on a pour vous.

LE CHEVALIEn.

Non, madame, je ne veux point entrer dans toutes ces petites discussions.

Mme PATIN.

Mais il faut bien que nous convenions ensemble.

LE CHEVALIEn.

Et c'est justement ce que j'appréhende , et ce que je veux éviter. Je ne trouve rien de plus fati- {jant pour moi que des conventions, des articles... Que voudriez-vous que j'allasse faire avec monsieur dans votre cabinet ? Quoi ! vous dire qu'un jeune homme de qualité n'épouse guère une veuve de financier sans quelque avantage considérable ; que tout l'amour que j'ai pour vous ne me mettroit point à couvert des reproches qu'on pourroit me faire dans le monde ; et qu'enfin, pour me justifier aux yeux de tous mes amis, il faudroit que vous parussiez m'avoir acheté de tout votre bien? Non, madame, je ne saurois dire ces choses-là ; cela n'est point démon caractère, et j'aimerois mieux être mort, que d'en avoir jamais parlé.

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