ACTE IV, SCÈNE I. ii
fois pire qu'un vrai diable. Celle-ci tire un lièvre aussi sûrement qu'un homme, comme vous savez, et elle ne craindra peut-être pas plus de tuer un homme que de tirer un lièvre.
LE CHEVALIER
Nous l'adoucirons; et comme elle ne veut qu'un mari, pour la consoler de m' avoir perdu, je te la ferai épouser, si le cœur t'en dit.
CRIS PIS
Eh là, monsieur, ne raillons point; elle ne perdroit peut-être pas au change, je vous en réponds.
LE CHEVALIER
Je l'entends bien ainsi vraiment; et, si certain dessein que j'ai dans la tête pouvoit réussir, je te donnerois à choisir d'elle ou de madame Patin.
CRISPI>-
De madame Patin? Ah, ah! voici quelque chose d'assez drôle.
LE CHEVALIER
Ah ! mon pauvre garçon !
CRISPIN
Ouais.
Je crois que je suis amoureux, Crispin, moi qui ne croyois pas pouvoir l'être.
ti(i LE CHEVALIER A LA MODE,
cnispi>.
Amoureux! et de qui?
LE CHEVALIER
De cette petite créature dont je t'ai parlé.
CRISPIN
De la petite brune?
LE CHEVALIER
D'elle-même.
Oh! pour cela, le diable m'emporte si je vous comprends. Que venez- vous donc faire chez madame Patin?
LE CHEVALIER
La ménager comme la baronne ; et il faut que dans cette affaire l'une ou l'autre me rende un service considérable.
CRISPIN
Vous n'avez qu'à le leur proposer , elles le feront de grand cœur, assurément.
LE CHEVALIER
Elles le feront sans penser le faire.
CRI s PIN.
Mais encore de quelle manière?
LE CHEVALIER
Ma petite brune, à ce que j'ai pu savoir, est une héritière considérable ; mais d'une naissance peu proportionnée à un ai g» 05 bien.