SCENE XVIII
Oui, c'est elle, vous avez raison 5 mais elle est
en compagnie : letirons-nous, monsieur, la place
est prise.
( Angélique s'avance d'un côté avec mo7isieur Bernard qui la tient sous le bras , et Lisette de l'autre côté s'avance de même avec Lucas; de manière que Dorante et l' Olive ^ qui continuent de parler j se trouvent au milieu d'elles, et monsieur Bernard et Lucas dans les deux côtés du théâtre.)
M. BERN Ar.D.
Mais, mignonne, n'étes-vous point lasse de vous
promener, et ne serions-nous point mieux dans
la maison?
Vous ne vous plaisez qu'à me contraindre.
LISETTE
Elle a raison ; un peu de complaisance une fois en votre vie : y a-t-il du mal à se promener ? ( Ici Lisette , en approchant de l Olive quelle ne voit point, étend sa main, et le prend par le collet, et dans le même temps Angélique rencontre la main de Dorante, qu'elle prend.)
l'olive, h voix très basse.
Je suis pris , monsieur.
lOC LE TUTEUK.
Et moi aussi.
LISETTE
Est-ce toi?
l'olive.
Moi-même.
LISETTE
Paix.
^ ANGÉLIQUE
Ne faites point de bruit.
M. BER>' ARD
Hem? comment? quoi ? que dites-vous ?
Je dis, monsieur, que, si vous voulez rentrer absolument, nous achèverons, Lisette et moi , notre caprice de promenade.
M. BERNARD
Aon, je ne suis point pressé, mi{jnonne, et je ne rentrerai qu'avec vous.
ANGÉLIQUE
Quelle peine!
LISETTE
Va te coucher, Lucas, et emmène monsieur.
LUCAS
Oh ! non , tatiguc, je ne m'irai coucher qu'avec
toi.
LISETTE
Avec moi? parle donc, eh! maroufle!