‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de DancourtChapitre 130 sur 232 · SCENE XVIH · texte numérisé non relu

SCENE XVIH

M. BEP.>ARD.

Mais, raijjnonue, cette passion de vous promener ainsi toute la nuit me paroîtbien nouvelle et bien extraordinaire; j'ai peine à croire qu'elle soit sans fondement, je vous l'avoue.

ASGÉLIQi: E.

Et moi, monsieur, je vous avoue naturellement que vous croyez juste. Ce peintre que vous avez ici depuis quinze jours...

non A>TE.

Ah, madame ! vous me perdez.

M. BE RXARD.

Eh bien', ce peintre, qu'a-t-il fait?

ANGÉLIQUE

Il a eu aujourd'hui l'audace de me dire qu'U est amoureux de moi.

LUCAS

Morgue , je vous l'avois bian dit, monsieur, que le jardinier et li c'étoient deux fripons.

ASGÉLIQUE.

Je suis bien malheureuse, ma pauvre Lisette, expose'e...

LISETTE

Hem, que VOUS êtes bonne, madame! C'est par ordre de monsieur que tout cela se fait; il veut nous éprouver , et celu n'est ni beau ni honnête , de soupçonner ainsi de pauvres innocentes

comme nous, et de faire sonder notre pudeur par un peintre et par un maraud de jardinier. l'olive.

Hom, masque!

M. BERNARD

Quoi ! le peintre et le jardinier?

ANGÉLIQUE

Ils ont eu la hardiesse de nous demander à Lisette et à moi un rendez-vous cette nuit.

M. BERNARD

Un rendez-vous ?

LISETTE

Oui vraiment, un rendez-vous; et nous avons en la foiblesse de leur accorder la chose, monsieur.

M. BERNARD

Vous leur avez donné le rendez-vous?

ANGÉLIQUE

Oui, monsieur.

M. BERNARD

Comment, oui!

LISETTE

Que voulez-vous; les filles sont curieuses, on est bien aise de voir jusqu'où des coquins comme cela pousseront les choses. Voici l'heure, à peu près, monsieur; si vous vouliez, nous irions par curiosité encore.

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