SCENE III
CLIT ANDRE
Je craignois votre timidité, je vous l'avoue ; je songeois à vous pre'venir.
MARI ANE
N'étions-nous pas convenus aussi qu'il vous laisseroit entrer dans le logis?
CHTA>'nRE.
Oui.
M ARIANE
Qu'il nous recevroit dans sa chambre?
CL I TAN D RE
Vous avez raison.
MA RI ANE
Et qu'il ne parleroit de rien à mon père?
CL IT AND RE
Il est vrai, nous sommes convenus de tout cela.
THIBAUT
Oui : mais, morgue, de quoi est-ce que je suis convenu , moi?
MARI ANE
De rien encore; mais il faut bien que tu conviennes des mêmes choses que nous.
THIBAUT
Non,palsangué, je n'en ferai rien.
CL IT ANDRE
Ce sont des mesures que nous avons prises. 2. ^o
23o LES VENDANGES DE SURENE.
THIBAUT
J'entends bian : mais je sis plus malaisé à gouverner que le maître du bac, je vous en avertis.
M ARIANE
Tiens, voilà une montre d'or que je te donne.
THIBAUT
Oh ! non , tatigué , je ne veux rian de vous.
M ARIANE
Comment donc?
THIBAUT
Quand il y a queuques frais à faire en amour , il faut que ce soit le monsieur qui paie, à moins que la madame ne soit vieille. Dans les villages d'autour de Paris , je savons les règles.
CLIT ANDRE
Je vous dis que Thibaut est un homme d'esprit . Tiens , voilà une bourse ; il y a dedans vingt pistoles , tu n'as qu'à l'ouvrir et prendre tout ce que tu voudras.
THIBAUT
Oh, monsieur!
C LIT ANDRE
Comment?
THIB.VUT.
il n'y a pointdenécessite de l'ouvrir, je la veux