SCENE III
MARIANE
Quoi! Qitanflre, vous paroissez en plein jour ici? Si l'on vous voit dans le village... c L I T A >■ n R E
Ne craignez rien; la saison des vendanges y attire aujourd'hui tant de monde...
THIBAUT
Allez, allez, on n'y connoîtra pas à la racine ceux qui auront passé la nuit au clair de la lune.
MARIATÎE.
Ah, Thibaut!
THIBAUT
Je savons de vos fredaines, comme vous vovez.
M ARIANE
Je ne me plaignois que de votre peu de ménagement, je ne savois pas que votre indiscrétion...
c LIT ANDRE.
Je n'ai point parlé , belle Mariane...
THIBAUT
Oh ! parguenne, il ne m'a rian dit ; mais j'ai vu : et quand il seroit un tantinet jaseux, velà une belle affaire !
CLITAND RE.
Aurois-je tort de vouloir le disposer à nous rendre service, et de chercher les moyens de vou» voir plus souvent ?
THIBAUT
Et plus à son aise. 11 n'est, morjjuë, pas sot; il aime ses commodités , voyez-vous , et il n'a pas tort; il vaut bian mieux faire l'amour de plainpied dans la maison , que de haut en bas par-dessus la palissade.
CLI TANDRE.
Thibaut parle en homme de bon sejis.
MARI A> E
Oui; mais n avions-nous pas résolu que vous iriez passer les jours à Paris ?
CL IT ANDRE
C'est l'amour qui me retient ici.
M ARIANE
Que vous reviendriez toutes les nuits, et que vous engageriez, à force d'argent , le maître du bac à être discret?
CLITANURE.
Je n ai rien épargné pour cela, je vous assure.
THIBAUT
Oh ! il ne sonnera mot, il est bon homme; mais pour ce qui est de moi, je sis diablement babillard, je vous eu avartis.
ftl ARIANE.
jS'étions-nous pas demeurés d'accord que je parlerois à Thibaut de la passion que nous avons l'un pour l'autre.