MADAME DUBUISSON
Le pauvre monsieur Thomasseau est en assez bonne main : madame Desmartins et sa petite nièce le mèneront loin, s'il veut les suivre. Elles ne s'attendent pas à trouver Gjitandre en ce J^aysci : mais il est bon prince ; son rival et son amour l'occupent trop pour lui laisser le temps de songer à troubler la fête. Mais voici dëja le bonhomme; quelle confidence me veut-il faire?
?.6o LES VENDANGES DE SURÉNE.
SCÈISE XV.
M. THOMASSEAU, madame DUBUISSON.
M. THOMASSEAU.
Olî çà , ma chère voisine , tu connois les daines qui sont chez moi?
Mme DUBUISSON.
Oui, monsieur: madame Desmartins, c'est la plus vertueuse personne du monde, sage, honnête, douce, complaisante, l'esprit bien fait, l'humeur enjouée, les manières engageantes. Je ne sais pas où vous avez péché cette connoissance-là ; mais vous avez fait là une bonne trouvaille.
M. THOMASSEAU.
Je choisis bien mes gens , dis ? n'est-il pas vrai ? Et sa petite nièce, qu'en dis-tu?
M»ne DUBUISSON.
Je ne la connoissois pas ; mais j'en ai ouï parler mille fois à s^ tante. C'est un petit modèle de perfection, c'est la sagesse en miniature, une fille élevée comme une princesse, un cœur de reine; elle possède elle seule assez de talents pour rendre une douzaine de filles des plus accomplies.