SCÈNE VII
de prendxe , si je voyois jour à ne les pas prendre inutilement.
M»ne L A^ ROCHE.
Qu'est-ce à dire, inutilement? Vous appre'hendez qu'on ne veuille pasde vous? Allez, allez, les jeunes gens d'à présent ont beau être ridicules et s'en faire accroire, il n'y en a point qui poussent la sottise jusque-là.
ANGÉLIQUE
Ah! qu'il y a peu de solidité dans le cœur des hommes, ma chère enfant!
M™"' LA ROCHE
Est-ce que vous y avez déjà été attrapée?
AKOÉLIQUE.
Non, vraiment; je ne m'en plains pas , mais...
]M™e LA ROCHE.
Vous ne vous en plaignez pas; mais vous avez sujet de vous en plaindre, peut-être ? Allons, allons, dites-moi franchement vos petites affairée": vous avez quelque godelureau dans le cœur ou dans la cervelle, sur ma parole.
ANGÉLIOTE.
Hélas! non, c'est un jeung officier, qui venoit au couvent où j'étois, voir une de ses parentes.
M™e LA ROCHE.
Ah, ah! ce jeune officier-là est bien fait, je (îagc?
3oo LES VA GAIN CE S.
ANGÉLIQUE
Tout ce qu'on peut l'être.
Mme L^ KOCHE.
Il a de l'esprit?
ANGÉLIQUE
Au-delà de 1 imafji'.iatiun.
M»ne L^ ROCHE.
Vous vous aimez ?
ANGF,L IQEE.
Kous avions fait partie pour cela; mais il est parti pour l'année. On m'a fait sortir du couvent ; j'ignore où il est; il ne sait ce que je suis devenue; je n'ai point de ses nouvelles.
M™e LA ROCHE.
Voilà une partie d'amour assez dérangée, à ce qu'il nie semble; et je ne vois pas que nous la puissions renouer assez à temps pour rompre celle du greffier : vous verrez qu'il en faudra faire qnelque autre.
ANGÉLIQUE
oïl ! pour cela , non : mais si celle que je te dis se truuvoit faisable...
Mme LA. ROCHE.
Voici la femme du substitut, madame Perrinelle.
ANGÉLIQUE
Ce fïrelHer de malheur est avec elle.
LES VACANCES, 3oi
SCÈrs^E VIII.
MADAME PERRI^sELLE, LE GREFFIER, ANGÉLIQUE, madame LA ROCHE.
^ime PEPRINELLE.
Qu'est -ce que cela veut donc dire, madame La Roche? Ah! voilà aussi mademoiselle Angélique Grimaudin. Vraiment , vous avez un plaisant original de père; inviter d'honnêtes gens à venir le voir dans un château dont il n'est pas le maître, et où. le roi met garnison de gens d'armes 1
LE GREFFIER
Et une garnison insolente, qui manque de respect à madame Perrinelle !
^me PERRINELLE.
Oui, des coquins qui ont l'audace de donner des croquiguoles à monsieur le greffier !
LE GREFFIER
Oh! ils n'y ont pas osé venir plus de trois ou quatre fois, et je leur ai bien dit que si cela conliauoit...
Mme L^ ROCHE.
Si vous leur aviez parlé d'abord un peu ferme. ..
LE GREFFIER
Je ne prenois pas garde à moi dans les rom- 2. 26
3o2 LES VACANCES.
mencenients; je ne songeois qu'à madame Perrinelle. Quand on est avec des femmes...
^jme PERRINELLE.
Ces brutaux-là n'ont non plus de considération pour le beau sexe...
LE GREFFIER
Ils vous trouvoient jolie. La peste! au retour d'une campagne, ces drôles-là ne s'embarrassent non plus de honnir une femme de robe...
M™e PERRI>'ELL-E.
Ils ont du goût dans leur brutalité; c'est dommage qu'ils manquent de savoir-vivre.
LE GREFFIER
C'est la faute de monsieur Grimaudin,de n'avoir pas prévu...
M™e PERRIXELLE.
Patience, patience! je ne lui laverai pas mal la tête.
A>"GÉLIQUE.
Vous n'avez donc point encore vu mon père, madame?
Hjiue PERRINELLE.
Non, mademoiselle Grimaudin.
ANGÉLIQUE
Je vais le faire chercher, madame Perrinellf.
Hjme PERRIAELLE.
Vous me ferez plaisir,mademoiselle Grimaudin.