ACTE II, SCENE VIII
M. GRIFFARD.
C'est une chose horrible.
LISETTE
Si j'avois un mari comme cela, je lui ferois voir bien du pays, sur ma parole.
M. GRIFFARD,
Que ne donnes-tu ces conseils à ta maîtresse, Lisette ?
LISETTE
Et si votre femme, qui ne la quitte point, les prenoit pour elle ?
M. GRIFFARD.
Tu me crois donc de ces insupportables?
LISETTE
Et vous n'êtes pas le moins capricieux mortel que je connoisse.
M. GRIFFARD.
Si tu savois la cause de mes caprices, tu serois la première à les excuser.
LISETTE
Cela se pourroit: je suis fort humaine, et je voudrois de tout mon coiur que vous eussiez raison.
M. GRIFFARD.
Non, tu n'es pas de mes amies.
LISETTE
Où ce petit reproche nous mènera-t-il ? 2. 5
5o LES BOURGEOISES A LA MODE.
M. GRIFFARD.
Tu as du pouvoir sur l'esprit de ta maîtresse.
LISETTE
Je ne vous entends point.