ACTE III, SCÈNE III. Ci
LISETTE
Si je vous l'ai laissé, madame Amelin ? La question est admirable ! si je vous l'ai laissé ?
M™e AMELIN.
Use faites point de bruit, ma chère, et n'eu parlez point à madame; il se retrouvera : en tout cas, il n'y aura que moi qui perdrai; c'est mon coquin de fils qui aura mis la main dessus, sans doute.
LISETTE
Comment donc, votre fils? Vous avez des enfants qui se portent au bien comme cela, madame Amelin ?
M°ïe AMELIJf.
Que voulez -vous, c'est un enfant gâté que Jannot , qui fait quelquefois de petites mièvretés ; et, dans le fond, pourvu qu'il le mette à bien, je ne m'en soucie pas.
LISETTE
Oh! à ce compte, vous avez raison, et monsieur Jannot aussi, madame Amelin.
M™e AMELI>-.
Vous ne savez pas tout ce qu'il sait faire; c'est un petit drôle qui en sait bien long.
LISETTE, à pai-t.
Je n avois point encore remarqué que madame Amelin fût folle.
M^e AMELIE.
Dites-moi un peu seulement: il y a ici une grande fille à marier?
LISETTE
Oui. Pourquoi demandez-vous cela, madame Amelin?
M™e AMELIE.
Par conversation seulement, je n'y prends aucun intérêt, je vous assure; mais elle ne sera point mariée que je ne sois de la noce : c'est moi qui vous le dis, qui ne suis que madame Amelin.
LISETTE
Vous serez de la noce? vous , vous?
M™« AMELIN
Moi , moi. Ne parlez-point à madame de son diamant ; il ne sortira point de la famille. Adieu, mademoiselle Lisette.