ANGÉLIQUE, MARIANE, LE CHEVALIER, FRONTIN, LISETTE
ANGÉLIQUE
Demeurez, Mariane; où allez-vous.'*
On m'a dit que vous m'aviez demandée , madame; j'ai su que vous étiez revenue, j'allois me rendre auprès de vous.
ANGÉLIQUE
Eh bien! chevalier, la compagnie qui vous af<tendoit est-elle avertie pour demain?
LE CHEVALIER
Je venois vous en rendre compte , madame ; et tout Paris viendra chez vous sitôt qu'on saura qu'on y joue.
LISETTE
Cela divertira bien votre mari, madame !
ANGÉLIQUE
Jl faudra bien qu'il en passe par où nous voudrons : je vais le mettre à la raison. Lui as-tu dit que j'ëtois revenue?
LISETTE
Oui, madame; et en remontant, on m'a donné ces deux cents pistoles que vous savez.
Porte-les à Araminte, elles viennent de sou mari , c'est à elle d'en disposer ; et vous , Mariane, allez lui tenir compagnie, pendant que je serai obligée d'essuyer la fatigante conversation de votre père : vous, ne sortez pas, monsieur le chevalier.
LE CHEVALIER
Je ferai tout ce qu'il vous plaira, madame.
ANGÉLIQUE
Entrez aussi dans mon cabinet, je veux vous faire part d'une aventure que vous trouverez divertissante.