‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de DancourtChapitre 62 sur 232 · ACTE IV, SCENE VI · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE VI

ANGÉLIQT7E.

Peut-on s'étonner que je n'aime pas à demeurer chez moi? ce sont vos violences et vos capriceis qui m'en écartent.

M. SIMO>

Mes violences !

LISETTE

Eh bien ! modérez-vous un peu , on verra ce que cela produira.

M. SIMON

Tu crois ce qu'elle dit? C'est un prétexte pour avoir raison d'être toujours dehors.

ANGÉLIQUE

Oui, fort bien, un prétexte ! En vérité, monsieur, vous vous servez de termes bien offensants ; et si ma famille savoil les duretés que vous avez pour moi...

Oh! pour le coup, j^ perds patience.

LISETTE

Eh! doucement, monsieur; n'y auroit-il pas moyen de vous accommoder? Vous êtes tous deux si raisonnables'.

ANGÉLIQUE

Eh bien '.jeté fais jugedenosdifférents, Lisette.

LISETTE

C'est bien de l'honneur que vous me faites, madame!

M. SIMON

Oui, tu as de l'esprit, et je te permets de me condamner, si j'ai tort.

LISETTE

Oh ! pour cela, je le ferai, je vous assure : voyons, de quoi vous plaignez-vous, premièrement?

M. SIMON

Ne le sais-tu pas?

LISETTE

Que répondez-vous à cela?

ANGÉLIQUE

Ignores-tu toutes mes raisons?

Eh! mort de ma vie, que ne parlez-vous? Vous ▼oilà d'accord; monsieur n'a qu'à vouloir.

M. SIMON

Moi?

LISETTE

Vous-même : tenez, monsieur, madame est la femme de France la plus complaisante; laissezla vivre à sa fantaisie, vous en ferez tout ce qu'il vous plaira.

M. SIMON

Eh bien ! qu'elle fasse, pourvu qu'elle demeure chez elle.

LISETTE

Mais, vraiment, cela est trop juste. Madame,

Page 1