ACTE IV, SCÈNE VI. io
M. SIMOX.
Miséricorde ! un portier chez moi ! chez un notaire ! un portier , madame ?
ANGÉLIQUE
Oui, monsieur: un portier chez un notaire ! la fjrande merveille !
M. SIMON
Lisette.
LISETTE
Ne l'obstinez point, monsieur, elle prendroit un suisse.
Mais, madame...
ANGÉLIQUE
Mais, monsieur, je veux un portier; sans cela marché nul, je sortirai, et tout-à-l'heure.
LISETTE
Eh ! passez-lui cette bagatelle; faut-il rompre un traité pour un malheureux portier?
M. SIMON
Je me ferai moquer de moi : et d'ailleurs , comment soutenir tant de dépense?
ANGÉLIQUE
Eh , monsieur ! qui vous demande rien ? de quoi vous effarouchez-vous?
M. SIMON
De quoi je m'effarouche, madame?
io4 LES BOURGEOISES A LA MODE.
LISETTE
Allez , monsieur, qu'il vous suffise que madame joue. Les joueuses ont des ressources ine'puisables; et les feaunes à qui leurs maris ne donnent point d argent ne sont pas toujours celles qui eu dépensent le moins.
M. SIMON
Pour moi, je n'en saurois donner, car je n'en ai point.
LISETTE, à part.
Frontin vous en fera pourtant bien trouver.
Allez, monsieur, ne vous mêlez de rien que de me laisser faire. Adieu, mon fils : je vais me recueillir dans mon cabinet, et prendre toutes les mesures imaginables pour vous donner la satisfaction de demeurer au logis sans m'y ennuyer.