‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Destouches (volume 2)Chapitre 106 sur 232 · LI SIMON, GÉRONTE, ARISTE · texte numérisé non relu

LI SIMON, GÉRONTE, ARISTE

L I s 1 .M o N , embrassant Ariste.

Ah , mou fils î quel plaisir je sens de vous revoir !

ARISTE

Vous m'avez prévenu, j'allois vous recevoir.

GÉRONTE, à Lisimon.

Eh Lien ! que voulez-vous?

Il m'est permis , je pense , De venir voir mon fils.

GÉRONTE

Eh ! l'on vous en dispense, (à Ariste.) Il ne vient de si loin que pour vous pressurer.

ARISTE, à Gérante .

Sa visite, en tout temps, ne peut que m'honorer. Pouvez-vous, à ce point, mortifier un frère? Vous me percez le cœur. Songez qu'il est mon pèro ;

i62 LE PHlLOSUPHi: MARIE.

Que, bien qu'il m'ait trouvé bon fils jusque aujourd'hui,

Je ne pourrai jamais m'acquitter envers lui.

LISIMON.

Je reconnois mon frère et mon fils tout ensemble. Que le ciel vous bénisse; et, puisqu'il nous rassemble, Mon fils, de ce bonheur je veux me réjouir, Sans que sa dureté m'empêche d'en jouir.

r.ÉRoNTE, à Lisimon.

Vos bénédictions seront son seul partage.

A R I s T E , à Gérante. ,

J'en fais bien plus de cas que de votre héritage; Mon oncle , à son égard soyez plus circonspect, Ou bien vous me verrez vous manquer de respect.

GÉRONTE

Philosophe imbécile! Un père, d'ordinaire, A son fils tout au moins fournit le nécessaire. Ici, tout au rebours : le fils, depuis dix ans...

LISIMOX.

Je suis plus glorieux de vivre à ses dépens Que s'il vivoit aux miens. Oui, ma vive tendresse Se complaît à le voir l'appui de ma vieillesse; Sentiments inconnus à votre mauvais cœur.

GÉRONTE

Mais qui vous a rendu si pauvre?

LISIMON.

Mon honneur.

GÉRONTE

Jargon qu'on n'entend point, quoiqu'il frappe l'oreille.

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