LI SIMON, GÉRONTE, ARISTE
L I s 1 .M o N , embrassant Ariste.
Ah , mou fils î quel plaisir je sens de vous revoir !
ARISTE
Vous m'avez prévenu, j'allois vous recevoir.
GÉRONTE, à Lisimon.
Eh Lien ! que voulez-vous?
Il m'est permis , je pense , De venir voir mon fils.
GÉRONTE
Eh ! l'on vous en dispense, (à Ariste.) Il ne vient de si loin que pour vous pressurer.
ARISTE, à Gérante .
Sa visite, en tout temps, ne peut que m'honorer. Pouvez-vous, à ce point, mortifier un frère? Vous me percez le cœur. Songez qu'il est mon pèro ;
i62 LE PHlLOSUPHi: MARIE.
Que, bien qu'il m'ait trouvé bon fils jusque aujourd'hui,
Je ne pourrai jamais m'acquitter envers lui.
LISIMON.
Je reconnois mon frère et mon fils tout ensemble. Que le ciel vous bénisse; et, puisqu'il nous rassemble, Mon fils, de ce bonheur je veux me réjouir, Sans que sa dureté m'empêche d'en jouir.
r.ÉRoNTE, à Lisimon.
Vos bénédictions seront son seul partage.
A R I s T E , à Gérante. ,
J'en fais bien plus de cas que de votre héritage; Mon oncle , à son égard soyez plus circonspect, Ou bien vous me verrez vous manquer de respect.
GÉRONTE
Philosophe imbécile! Un père, d'ordinaire, A son fils tout au moins fournit le nécessaire. Ici, tout au rebours : le fils, depuis dix ans...
LISIMOX.
Je suis plus glorieux de vivre à ses dépens Que s'il vivoit aux miens. Oui, ma vive tendresse Se complaît à le voir l'appui de ma vieillesse; Sentiments inconnus à votre mauvais cœur.
GÉRONTE
Mais qui vous a rendu si pauvre?
LISIMON.
Mon honneur.
GÉRONTE
Jargon qu'on n'entend point, quoiqu'il frappe l'oreille.