‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Destouches (volume 2)Chapitre 107 sur 232 · ACTE IIÏ, SCENE XIII. i · texte numérisé non relu

ACTE IIÏ, SCENE XIII. i

Avant le point du jour. Moi, dans ma pauvreté. J'ai songé qui j'étois, et me suis respecté. Des malheurs imprévus ont causé ma ruine, Sans me faire oublier une noble origine. Mais vous, vous avez fait, devenu financier. B'un pauvre gentilhomme un riche roturier.

GÉROXTE.

Ah ! vous voilà bien gras avec votre chimère ! Pour vous, le roturier fait l'office de père. A ce fils bien-aimé vous ne laisserez rien ; Et moi, je le marie et lui laisse un gros bien. Blesserai-je par là votre déhcatesse?

LISIMO^.

Non. L'action est belle, et vous rend la noblesse. Mais qui lui faites-vous épouser?

G ÉRONTE.

Un parti Avec qui notre sang sera bien assorti : C'est la fille, eu un mot, de ma défunte femme.

LISIMOX.

Je ne puis qu'applaudir; car c'étoit une dame D'un ti'ès illustre nom, comme feu son époux. Pour former ce lien, réconcilions-nous.

Mon frère. Et vous, mon fils, soyez sur que ma joie Est égale au bonheur que le ciel vous envoie.

ARISTE

L"n obstacle invincible en empêche l'effet.

LISIMON.

Point d'obstacle, mon fils, je suis trop sati.^faif.

i64 LE PHILOSOPHE MARIÉ.

ARISTE

Mais la fille est si jeune; et vous savez...

GÉRONTE

J'enrage.

Ventrebleu! mon neveu, craignez-vous qu'à son âge.

LISIMON.

Sottise ! Pour la noce allons tout préparer.

ARISTE

Il ne rnanquoit que lui pour me désespérer.

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