LISIMON, GÉRONTE, DAMON, MÉLITE, ARISTE, CÉLIANTE, FINETTE
LISIMON.
Que vois-je?
D AMON
C'est sa femme.
GÉRONTE
c'est sa femme?
FINETTE
Elle-même.
ARISTE
On me soutient, madame , Que mon oncle et mon père , en ce même moment, Ont essuyé cent traits de votre emportement; Que, sans aucun respect , excitant leur colère...
MÉLITE
Moi, j'aurois insulté votre oncle et votre père! Eh! je n'ai jamais eu l'honneur de leur parler.
ARISTE
Quel galimatias!
DAMON
Je vais le démêler , Si l'on m'écoute enfin. Une pure méprise Forme l'embrouillement qui fait votre i^urprise;
^lo LE PHILOSOPHE MARIE.
Et les vivacités de votre belle-sœur,
Qu'ils prenoient pour Mélite, ont causé leur erreur.
AUISTE.
Vous auriez dû plus tôt le leur faire comprendre.
DAMOX.
Et le moyen? jamais on n'a voulu m'entendre.
CÉLIANTE.
Ce que je leur ai dit, je le répéterai.
On veut nous faire affront, et je le souffrirai !
On intente un procès sur votre mariage ,
Et je ne serai pas sensible à cet outrage!
Si j'étois votre femme, et qu'on eiàtce dessein.
Votre oncle ne mourroit jamais que de ma main.
M É L T T E , à Lisimon et à Gérante. De quoi suis-je coupable? Ariste peut vous dire Qu'à recevoir sa main il n'a pu me réduire Qu'après m'avoir promis et juré mille fois Que son père avec joie approuveroit sou choix.
(à Lisimon.) C'est à vous, je le vois, qu'il faut que je m'adresse. Pour vous entendre ici confirmer sa promesse. Vous aimez trop ce fils, vous aimez trop l'honneur, Pour condamner son choix, et causer mon malheur.
LISIMON.
Madame , vos discours ont pénétré mon ame.
Mon fils ne pouvoit prendre une plus digne femme.
Je le vois; et son choix entraineroit le mien ,
Si ce fils pour vous deux avoit assez de bien.
Sa fortune dépend des bontés de mon frère,
Et votre mariage excite sa colère.