SCÈNE IX
LE COMTE, LISIMON.
LISIMO.
Quelle obstination !
LE COMTE
Ceci vient de Valère , Et je m'en vengerois si vous n'étiez son père.
LISIMON.
Je veux le faire, moi, mourir sous le bâton, Ou le gueux, dès ce soir, quittera ma maison. Il m'a joué d'un tour... Eh! la, la , patience.
LE COMTE
C'est un petit monsieur rempli de suffisance.
LISIMON.
Le portrait de sa mère, un sot, un freluquet Qui fait le bel-esprit, et n'a que du caquet. Oh ! la méchante femme ! avec son air affable , Composé, doucereux, c'est un tyran, un diable De sang froid. Tout-à-l'hexire , en termes éloquents Et tous bien de niveau, mais malins et piquants. Devant ma fille même elle m'a fait entendre Qu'elle me quittera si je vous prends pour gendre ; Et moi j'ai répondu que j'étois résigné A souffrir ce malheur dès qu'elle auroit signé; Qu'immédiatement après sa signature.
Elle pourroit aller à sa bonne aventure. Sur cela, force pleurs, évanouissement.
3o6 LE GLORIEUX.
Isabelle et Lisette avec gémissemeut L'ont vite secourue, et par cérémonie Toutes trois à présent pleurent de compagnie. Car qu'une femme pleure , une autre pleurera, Et toutes pleureront tant qu'il en surviendra.
LE COMTE
Ainsi notre projet souffre de grands obstacles.
LISlMO:\.
Pour en venir à bout, je ferai des miracles : Ce que j'apprends de toi me réchauffe le cœur. Je ne te croyois pas un si puissant seigneur. Comment diable ! ton père, à ce que l'on m'assure , Fait dans sa baronuie une noble figure.
LE COMTE, lui frappant sur l'épaule Allez, mon cher, allez, quand vous me conuoitrez. De vos tons familiers vous vous corrigerez; Vous ne tutoierez plus un gendre de ma sorte.
LÏSIMON.
Ma foi, sans y penser, l'habitude m'emporte. Au cérémonial enfin je me soumets.
LE COMTE
Me le promettez-vous?
LISIMON.
Oui, je te le promets Va, tu seras content.
LE COMTE
Fort bien ! Belle manière De se corriger 1
Oh! trêve à votre humeur fière;