‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Destouches (volume 2)Chapitre 68 sur 232 · I. lO · texte numérisé non relu

I. lO

iiQ LE PHILOSOPHE MARIÉ.

CÉLIANTE.

Non : tu me fais plaisir.

Un doux ravissement est prêt à me saisir. Le bonheur de ma sœur excitoit mon envie. Et fait depuis deux ans le malheur de ma vie.

Eniajez donc, madame, et pestez bravement; Leur querelle a produit un raccommodement Si tendre, si touchant , et si rempli de charm.es, Que notre philosophe en a versé des larmes. Et moi qui parle, moi, je ne puis y penser Sans sentir que mes yeux sont tout prêts d'en verser [Elle pliure.)

CÉLIAJiTE.

Ils s'aiment donc toujours?

FINETTE

Plus que jamais, madame.

Mou maître est à présent l'esclave de sa femme.

CÉLIANTE.

Le sot !

FINETTE

Plus elle prend le ton d'autorité, Et plus , depuis une heure , il en est enchanté.

CÉLIANTE.

Je n'y puis plus tenir. Par quel charme Mélite Triomphe-t-elle ainsi d'un homme de mérite? S'il étoit mon mari, comme je le voudrois , Plus il seroit soumis, plus je l'approuverois. Mais avoir pour ma sœur une telle foiblesse ! C'est un aveuglement qui me choque et me blesse;

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