‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Destouches (volume 2)Chapitre 83 sur 232 · ACTE II, SCENE VI · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE VI

ARISTE

Et VOUS , modérez votre feu :

Je vous l'ai dit cent fois , votre bile s'échauffe...

GÉRONTE

Vous êtes un fripon, monsieur le philosophe , Vous voulez éluder un éclaircissement : Mais il faut me répondre, et positivement.

ARISTE

Oui, je vous répondrai, la chose m'est facile :

Mais je voudrois vous voir d'une humeur plus tranquille.

GÉROXTE.

Ventrebleu!

ARISTE

Doucement, ou je ne dirai mot.

Il faut...

GÉRONTE

Prétendez-vous me traiter comme un sot?

ARISTE

Non. Vous avez, mon oncle, un esprit vif et juste; Vous jouissez encor d'une santé robuste ; Vous avez de gros biens.

GÉRONTE

Ah!

ARISTE

Vous êtes d'un sang Qui peut vous égaler aux gens du plus haut rang.

GÉRONTE

Répondez-moi.

ARISTE

De plus , vous avez l'avantage

i3o LE PHILOSOPHE MARIÉ.

De n'avoir point d'enfants, de goûter le veuvage.

GÉRONTE

Au fait.

ARISTE

Et de jouir de cette liberté Qui des gjens de bon sens fait la félicité.

GÉRONTE

Bourreau !

ARISTE

Votre neveu vous respecte et vous aime; Cependant, au milieu de ce bonheur extrême...

GÉRONTE

Ce traître de neveu, qui m'aime et me chérit. Par son maudit caquet me fait tourner l'esprit.

ARISTE

Mais...

GÉRONTE

Dis encore un mot, et je te déshérite.

ARISTE

Je m'en vais, puisque enfin mon discours vous irrite.

GÉRONTE

Non : il faut m'éclaircir, et m'apprendre à l'instant Qui sont ces belles.

Soit; je vous rendrai content.

Elles sont soeurs.

GÉRONTE

Ensuite?

ARISTE, ayant un peu rêvé.

Elles sont de Bretagne.

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