ACTE I, SCENE IV
LA BARO>>E
Non, je veux savoir à fond tous ses sentiments : cela me divertit,
LOLIVE.
Elhbien! madame, puisqu'il faut vous déclarer tout, mademoiselle u'apasle bonheur de lui plaire.
ANGÉLIQUE, e/î souriant.
Je suis fort malheureuse, monsieur Nicolas. LÉ ANDRE, cachant son visage avec son chapeau.
Oh! pardonnez-moi, mademoiselle.
LOLIVE.
Il dit, madame, qu'elle a l'air d'être votre mère , et que vous avez l'air d'être sa fille.
ANGÉLIQUE
Il a raison.
LÉ ANDRE
Ca vous plait à dire.
LOLIVE.
Et qu'il aimeroit mieux épouser vingt femmes comme vous l'une après l'autre, que deux filles comme mademoiselle.
LA BARONNE
Cela est réjouissant. Tiens, Nicolas, voilà de quoi boire à ma santé.
Oh ! madame.
LA BARONNE
Prends, fe dis-je; maître Pierre, je vous défends de maltraiter ce garçon-là, ni d'effets, ni de paroles.
LOL I VE.
Ça suffit.
LA BARONNE
Je veux qu'on le me'nage, qu'on ait des égards pour lui. A propos, il faut que j'aille donner mes ordres pour le dîner. Je pre'tends qu'il soit magnifique , et digne de la compagnie qui nous vient. Retournez à votre jardin, mes enfants. Un petit mot, Nicolas : je vous ordonne de m'apporter un bouquet tous les matins; n'y manquez pas, je vous en avertis.
LÉ ANDRE
Oh! je n'ai garde.