SCÈNE IX
LÉANDRE paroit battant son tambour; LE BARON.
LE BARON
Je te prie, monsieur l'esprit, ne fais pas tant de bruit, je suis occupé... ( Léandre s'avance en hattantdu tambour. )\ oï\?l unefortbelle marche. Recommence-la... ( Léandre recommence. ) Parbleu ! tu as bien l'air d'un esprit. On ne peut rien voir de plus majestueux.... (^Léandre demeure comme immobile, les yeux fixés sur le baron. ^ Gomme l'impudent me regarde! Mais il est
2i6 LE TAMBOUR NOCTURNE,
temps que tout ceci finisse.. .^ a, va, mon pauvre Léandre, tire le rideau, la farce est jouée. LÉ A>DRE, ù part.
Le'andre! ah, morbleu ! je suis découvert. La friponne de Catau m'a trahi.
LE BARON
Foi de grand astrologue, les mille écus que tu as promis à madame Catau ne te mettront point en possession de la baronne.
LÉANDRE, h part.
Je n'en puis plus douter, la coquine lui a tout dit.
LE BARON
Je n'ai rien su par elle Mais écoute-moi,
Léandre, et suis le conseil que je vais te donner. Sors de ces lieux à l'instant, ou je vais produire à tes yeux la plus terrible apparition.
LÉANDRE
V^a te promener avec tes apparitions ! Les charlatans ne m'effraient point.
LE BARON, ôtant sa barbe et son nez postiches.
Voyons donc si tu pourras conserver ton audace et ton sang-froid. Regarde, et tremble. LÉANDRE, h part.
Que vois-je! Juste ciel! en croirai-je mes yeux! C'est lui-même, c'est le baron de l'Arc.