‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de DestouchesChapitre 156 sur 338 · ACTE I, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE II

G O R J o , en souriant.

Je crois que vous grondez?

SAxN SPAIR.

Oui , je gronde , et bien fort.

Gor.ju.

Quavez-vous donc, monsieur?

SAKSPA.IR, fièrement.

Ce n'est pas votre affaire.

GORJU

On veille jour et nuit pour tâcher de vous plaire.

Je tourmente vos gens . je les tiens toujours prêts.

Tous vos oidres ici sont comme des arrêts

Dont on n'appelle point, et qu'où suit à la lettre.

Tout singuliers qu'ils sont, sans jamais se permettre

De les interpréter, ni tarder un instant:

Et malgré tous nos soins vous êtes mécontent?

Très mécontent.

GORJU

Monsieur, souffrez que je vous dise...

SAN'SPAIR, dun ton absolu.

Taisez-vous.

Jol^éis. Mais quelle est ma surprise!

(à part.) Comment un si bon maître a-t-il changé d'humeur? Qu'est devenue , ô ciel ! sa bouté , sa douceur?

SAMSPAia, durement.

Que dites- vous?

23o L'HOMME SINGULIER.

GOR JU.

Je dis... Je me parle à moi-même

s AN SPAIR.

De quoi VOUS parlez-vous?

GORJU

De ma surprise extrême

SANSPÂIR.

Mais qui peut la causer ?

GORjn, attendri.

Le ton que vous prenez Il me perce le cœur. Je m'en vais.

SANSPAIR, (fuii ton doux.

Revenez Quoi! vous n'avez pas tort?

GORJU

Non , monsieur, je vous jure.

Vous verrez que c'est moi.

GORJU

S ui va n t m a con j ectvire , Si vous avez raison , j'ai tort certainement; Mais, si je n'ai pas tort... Il faut qu'en ce mioment Quelque souci secret vous trouble et vous alarme; Car, quand vous vous fâchez, un seul mot vous désarme: La moindre e.xcuse est bonne. Aujourd'hui vous grondez Sans vouloir écouter.

SANSPAIR.

Et vous, vous me frondez, Parceque je suis las d'appeler tout mon monde , Sans que personne vienne, ou tout au moins réponde

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