ACTE II, SCÈNE II. î6ï
PASQUIN
Je m'en vais vous le diie. Oh ! tout doux. Dites-moi, Savez-vous son secret?
LISETTE
A fond.
PASQUIN
Bonne nouvelle !
LISETTE
c'est monsieur de Sauspair qui m'a mise auprès d'elle; Mais , bien loin de répondre à son intention , Je veux aider sa sœur... Quelle indiscrétion ? Si vous m'alliez trahir...
PASQUIN
Uassurez-vous , ma chère ; Je viens servir ici sous votre ministère : Vous me guiderez bien, à ce que je prévois. Sachez que j'appartiens...
LISETTE
Est-ce au comte d'Arbois?
PASQUIiX.
c'est toi qui l'as nommé.
LISETTE
L'agréable aventure!
Et que votre présence eu ce lieu uous rassure I Mais dans notre prison par quel secret ressort Avez- vous pénétré?
PASQUIN, lui montrant une lettre.
. Voici mon passe-port.
LISETTE, lisant l'adresse, a Au comte de Sanspair. »
PASQUIN
La lettre est de sa mère ;
Elle m'envoie à lui.
LISETTE
Oh : oh 1 Pour quelle affaire?
PASQOIX.
Pour être à son service.
LISETTE
En quelle qualité?
PASQUIN
Mais de valet de chambre.
LISETTE
Et vous avez quitte Le comte?
PASQUIN
Point du tout. Ce n'est qu'un tour d'adresse. Ne poiivant s'introduire auprès de sa maîtresse, Que l'on tient renfermée en ce triste réduit, Près d'elle il a voulu que je fusse introduit, Afin que par mes soins il pût l'être lui-même. Nous avons mis en œuvre un plaisant stratagème. La mère de Sanspair lui cherchoit un valet, Homme d'esprit, alerte, intelligent, bieu fait; Mou maître l'ayant su par une vieille femme Qui sert depuis long-temps chez cette bonne dame, A si bieu fait sous main, qu'elle m'a demandé. Je me suis présenté si bien recommandé : Ma fi^jure d'ailleurs, sans me donner de gloire. M'a si bien appuyé, comme vous pouvez croire,