SCÈNE VIL
SANSPAIR, PASQUIN.
SANSP AIR.
Dites-moi, s'il vous plaît , quel étoit votre maître?
PASQUIX.
Il logeoit ici près : vous pourriez le connoître.
SANSPAIR.
Je ne connois personne.
PASQUIN
Il alloit quelquefois Ou dîner ou souper chez le marquis d'Arbois. 2. 34
a7« L'HOMME SINGULIER.
s AN Sr AIR.
Ah ! ah! De ce marquis connoissez-vous la fille?
PASQUIN
Mais j'en ai ouï parler. O l'étrange famille!
SANSPAIR.
En quoi donc?
PASQUIN
Ce seigneur a deux enfants : un fils Aussi grave et posé qu'un homme à cheveux gris; Plus singulier que vous, à la fleur de son âge.
SANSPA IR.
Est-il possible?
PASQUIN
Oui.
Cet homme est né bien sage I
PASQUIN
C'est un Caton sans barbe. Et sa sœur, à mon sens, Est encor plus bizarre ; elle a vingt et deux ans , Tout au plus : à cet âge, au lieu d'être galante, Vive, enjouée...
SAN îPAIR.
Eh bien?
PASQUIN
Elle fait la savante; Elle lit jour et nuit les plus anciens auteurs ; Elle en sait plus, dit-on, que les plus grands docteurs.
SANSPAIR, transporté.
Tout de bon !*