‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de DestouchesChapitre 310 sur 338 · GÉ R0>TE · texte numérisé non relu

GÉ R0>TE

J'en demeure d'accord.

Car, mon oncle, entre nous, Est-il quelque défaut plus bas que l'avarice? Il suffit de paroitre entiché de ce vice Pour être regardé comme un homme sans cœur. A quoi servent les biens ({ue pour s'en faire honneur? Le faste nous tient lieu d'une haute noblesse. Les plus fiers, les plus grands adorent la richesse: Quiconque en fait usage avec eux va de pair; Et pour paroitre grand, il faut prendre un grand air. Ainsi, loin de blâmer mon humeur libérale. Mon oncle, savourez ma prudente morale; Et, sans me fatiguer d'inutiles raisons. Prenez-moi pour modèle, et suivez mes»lecons.

G En ON TE, en riant.

Il n'est pas fort aisé de les suivre à mon âge.

cléon.

On n'est jamais trop vieux pour devenir plus sage.

GÉRO>TE, au baron.

Il parle comme un livre, et raisonne si bien ,

Que j'ai honte d'avoir amassé tant de bien.

C'est un pesant fardeau dont je veux vous défaire.

GÉRO.NTE. j

Non ; je vous en dispense, et j'en fais mon affaire. j

Puisque à se ruiner on se fait tant d'honneur, \

Corbleu! j'y vais aussi travailler de bon cœur. i

CLÉON. j

Ahl vous me plaisantez. 'L

GÉRO.NTT.. il

Non, mon cher, je vous jure; ^ En vous croyant un fou je vous faisois injure, Et c'est moi (jui l'étois.

LE BARON

Il faut en convenir; Et de mes préjugés il me fait revenir.

CLÉON

Parlez- vous tout de bon, ou si c'est raillerie?

LE BARON

Tout de bon.

G É R G N T E , à Clénn .

Agissez sans façon , je vous prie.

De tout votre fracas bien loin d'être alarmé, Plus vous ptodiguerez, plus je serai charmé. \o\xs ne pouvez jamais épuiser la fortune... Embrassez-moi, mon cher, et nvons sans rancune...

( Us s'embrassent. ) Adieu, mon doux neveu; tenez-vous en gaieté. Coupez, taillez, rognez en pleine liberté. Comptez toujours sur moi, comme vous devez faire,

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