GÉ R0>TE
J'en demeure d'accord.
Car, mon oncle, entre nous, Est-il quelque défaut plus bas que l'avarice? Il suffit de paroitre entiché de ce vice Pour être regardé comme un homme sans cœur. A quoi servent les biens ({ue pour s'en faire honneur? Le faste nous tient lieu d'une haute noblesse. Les plus fiers, les plus grands adorent la richesse: Quiconque en fait usage avec eux va de pair; Et pour paroitre grand, il faut prendre un grand air. Ainsi, loin de blâmer mon humeur libérale. Mon oncle, savourez ma prudente morale; Et, sans me fatiguer d'inutiles raisons. Prenez-moi pour modèle, et suivez mes»lecons.
G En ON TE, en riant.
Il n'est pas fort aisé de les suivre à mon âge.
cléon.
On n'est jamais trop vieux pour devenir plus sage.
GÉRO>TE, au baron.
Il parle comme un livre, et raisonne si bien ,
Que j'ai honte d'avoir amassé tant de bien.
C'est un pesant fardeau dont je veux vous défaire.
GÉRO.NTE. j
Non ; je vous en dispense, et j'en fais mon affaire. j
Puisque à se ruiner on se fait tant d'honneur, \
Corbleu! j'y vais aussi travailler de bon cœur. i
CLÉON. j
Ahl vous me plaisantez. 'L
GÉRO.NTT.. il
Non, mon cher, je vous jure; ^ En vous croyant un fou je vous faisois injure, Et c'est moi (jui l'étois.
LE BARON
Il faut en convenir; Et de mes préjugés il me fait revenir.
CLÉON
Parlez- vous tout de bon, ou si c'est raillerie?
LE BARON
Tout de bon.
G É R G N T E , à Clénn .
Agissez sans façon , je vous prie.
De tout votre fracas bien loin d'être alarmé, Plus vous ptodiguerez, plus je serai charmé. \o\xs ne pouvez jamais épuiser la fortune... Embrassez-moi, mon cher, et nvons sans rancune...
( Us s'embrassent. ) Adieu, mon doux neveu; tenez-vous en gaieté. Coupez, taillez, rognez en pleine liberté. Comptez toujours sur moi, comme vous devez faire,