‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de DestouchesChapitre 33 sur 338 · SCÈNE iV · texte numérisé non relu

SCÈNE iV

A>^GÉLTQUE, M. DES MASURES, qui lui fait de profondes révérences, qu'Angélique lui rend par des révérences ridicules.

M. DES MASURES, à ;îarf.

Pour une fille qui vient de Paris, voilà des révérences bien gauches. Je crois qu'il faut nous asseoir, mademoiselle, car nous avons bien de jolies choses à nous dire.

ANGÉLIQUE, d'un ton niais.

Tout ce qui vous plaira, monsieur.

M. DES M xsvRES., à part.

C'est la pudeur apparemment, qui lui donne

un air si déconcerté. Voulez-vous, mademoiselle,.

que nous parlions en vers?

A.SOÉLIQrE.

Non, monsieur, s'il vous plaît.

M. DES M.\SURES

Eh bien ! parlons donc en prose.

ANGÉLIQUE

Encore moins, je n'aime point la prose.

M. DES MASV'RES.

Oh ! oh ! cela est nouveau ! comment voulezvous donc que nous parlions?

Je veux que nous parlions... Comme on parle.

M. DES M ASTRES

Mais, quand on parle , c'est en prose ou en vers.

, ANGÉLIQUE

Tout de bon ?

M. DES MASURES

, Et assurément.

ANGÉLIQUE

Ah î je ne savois pas cela.

Allons , allons , vous badinez ; prenons le ton sérieux. Je vais vous étaler les richesses de mon esprit, prodiguez-moi les trésors du votre. Je .sais que c'est le Pactole qui rouit: de l'or avec sesflot*.

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