ACTE II, SCENE IV
ANGÉLIQUE
Tout de bon? mais vous me surprenez, (lui faisant la révérence.) Qu'est-ce cpie c'est qu'un Pactole, monsieur ?
M. DES MASURES, rt part.
Pour une fille d'esprit , voilà une question bien sotte! Quoi! vous ne connoissez pas le Pactole?
ANGÉLIQUE
Je n'ai pas cet honneur-là.
M. DES MASURES, «part.
Elle n'a pas cet honneur-là. Par ma foi, la réponse est pitoyable, (h ^n^eV/iyue.jTgnorez-voas, mademoiselle, que le Pactole est un fleuve ?
A îr G É L I Q U E.
C'est un fleuve ?
M. DES MASURES
Oui vraiment.
ANGÉLIQUE, en riant.
Ahl j'en suis bien aise.
M. DES MASURES, rt^art.
Oh ! parbleu, je m'y perds. Si on appelle cela de l'esprit, ce n'est pas du plu? fin assure'ment, (rt Angélique.) Mademoiselle, vous me surprenez à mon tour ; je vous croyois une virtuose.
ANGÉLIQUE
Fi donc ! monsieur, pour qui me prenez-vous ?
Je suis une honnête fille, afin que vous le sachiez.
M. DES MASUBES.
Mais on peut être honnête tille, et être une virtuose.
A>'OÉLlQCE.
Et moi je vous soutiens que cela ne se peut pas. Moi une virtuose !
M. DES M. V SUR ES
Puisque ce terme vous choque , mademoiselle, je vous dirai plus simplement que je vous croyois une savante.
ANGÉLIQUE
Oh! pour savante, cela est vrai, cela est vrai.
M. DES MASURES, après r avoir examinée.
Hum ! c'est de quoi je commence à douter. Voyons, cependant. Vous savez sans doute la géographie, la fable, la philosophie, la chronologie, l'histoire ?
ANGÉLIQUE
L'histoire? oui, c'est mon fort.
M. DES M AS URES
Oh çà, pour commencer par l'histoire, lequel aimez-vous mieux d'Alexandre ou de César, de Scipion ou d'Annibal ?
ANGÉLIQUE
Je ne connois point ces messieurs -là. Appa-