ACTE 11, SCENE IV. 5y
ANGÉLIQUE
Oui, monsieur.
M. DES MASURES
Et vous souhaitez que je vous épouse ?
ANGÉLIQUE
, Oui, monsieur.
M. DES MASURES, à part.
Voiiàune fille quin'est point fardée... Mais on dit que j'ai un rival ?
Oui, monsieur.
M. DES MASURES
Que vous l'aimez de tout votre cœui ?
ANGÉLIQCE.
Oui, monsieur.
M. DES MASURES, h part.
En voici bien d'une autre... Et que, si je vous épouse, je pourrai bien être...
ANGÉLIQUE, fuisant une profonde révérence. Oui, monsieur.
M DES MASURES
Au diable soit l'iuibécile ! Il n'y a plus moyen d'en douter. C'est une idiote. On vouloit m'attraper; mais, à bon chat, bon rat. Mademoi.>elle, je suis voire serviteur ; si vous avez besoin d'un mari, vous pouvez vous pourvoir ailleurs. Ne rompiez plus sur moi.
do LA FAUSSE AGNÈS.
ANGÉLIQUE
Vous ne voulez plus m'épouser?
M. DES M A SURES
Non, sur ma foi.
ANGÉLIQUE
Oh! vous m'épouserez.
M. DES MASURES
Moi? moi? je vous e'jiouserois?
ANGÉLIQUE, d'un ton vif.
Oui. Vous l'avez promis, et cela sera.
M. DES MASURES
Voilà la preuve complète de sa bétise.
ANGÉLIQUE ,^ei7nant de pleurer.
Que je suis malheureuse ! Vous me méprisez, vous me désespérez; mais vous serez mon mari, ou... vous direz pourquoi..
M. DES MASURES
Oh ! cela ne sera pas difficile. Tubleu ! quelle commère avec son innocence !
ANGELIQUE
Allez , vous devriez mourir de honte de me faire un pareil affront. Je vais m'en plaindre à mon cher père. Ah ! ah ! ah !
(^ Elle feint de pleurer et de sangloter. )
M. DES MASURES
A votre cher père? Allez, vous êtes bien sa fille, aussi spirituelle que lui. tout au moins.