ACTE III, SCÈNE IIl
Parbleu ! j'allois faire un beau mariage. Epouser une bête enragée. Je vous baise les mains , madame la baronne.
LA BARONNE
Heias! mon cousin, attendez un moment, que nous voyions ce que ceci deviendra.
M. DES MASURES
Je suis votre valet. Si elle m'alloit reconnoître ?
LA EAROKISE.
Eh bien! tâchez de lui ôter votre épée.
M. DES MASURES
Dieu m'en préserve. Je lui en fais présent du meilleur de mon cœur.
LA BAROSÎSE.
Ma fille, ma chère Angélique, rappelez vos sens , reconnoissez-moi.
ANGÉLIQUE
Ah ! mon cher père ! mon cher père !
LA BARONNE
Hélas! elle me prend pour monsieur le baron.
ANGÉLIQUE, se jetan t aux pieds de sa mère.
En quel état me réduisez-vous ! Ayez pitié de ma foiblesse : je ne vous l'ai point cacl>ée; mes lai'iues et mes soupirs vous en avtiient instruit ,
avant que ma bouche vous l'eût confirmé; mais vous m'avez abandonnée à l'autorité d'une mère inflexible, qui veut que sa volonté règle les mouvements de mon cœur, et qui m'arrache au plus aimable de tous les hommes, pour me sacrifier à l'objet de mon aversion. [Elle se lève.) Je ne puis vous toucher, vous voulez tous deux ma mort; il faut vous satisfaire.
LA. BA RONNE désarme sa fille^ et remet l épée h M. des Masures.
Ah! quel égarement ! Ma chère fille, ouvre les yeux, recounois ta mère. L'état où je te vois ranime toute la tendresse que j'ai eue pour toi. Malheureuse que je suis! c'est moi qui ai causé son extravagance.
M. DES M.VSURES.
Dites-moi, madame, ces accès-là lui prennentils souvent?
LE PRÉSIDENT
Nous nous étions aperçus de sa maladie.
LA BARONNE
Pour moi, je vous jure que voilà la première fois que je l'ai vue en cet état. Apparemment que c'est l'aversion dont elle s'est prise pour mon cousin^ qui lui a tourné la cervelle.