ACTE II, SCENE VU. laS
LE BA^RO»
Elle me faisoit trop d'honneur de me pleurer en compagnie, (^àpart.) Il semble que ce diable de pédant affecte de me dire tout ce qui peut me désespérer. ( à M. Pincé.) J'ai appris qu'il s'étoit présenté beaucoup de gens pour l'épouser en secondes noces. Qui peut avoir causé cela?
M. PINCÉ
Elle n'a point d'enfant de vous, et elle a eu beaucoup de bien en mariage.
LE BARON, à part.
Il m'assomme.
M. PINCÉ
Le deuil redoubloit sa beauté.
LE BARON, rt part.
Je brûle.
M. PINCÉ
Et son air triste et langoureux «avoit quelque chose de si doux et de si attrayant qu'il n'y avoit pas moyen d'y résister.
LE BARON, à part.
Ventrebleu! (à M. Pincé.) Ce n'est pas là
ce que je vous demande De quelle manière
s'est-elle comportée?
M. PINCÉ
Comme une Pénélope.
120 LE TAMBOUR NOGTURNt.
LE BABOS.
Je n'en doute pas, car elle a eu autant d'ainauts que cette héroïne.
M. PINCÉ
Il est vrai que des jeunes gens fort aimables lui ont fait des propositions.
LE BARON
Des jeunes gens fort aimables?... Eh ! les at-elle écoutées ces propositions?
Le plus gracieusement du monde.
LE BARON
Je suis mort!
M. PINCÉ
Mais elle les a toutes rejetées.
LE BARON, «part.
Ah ! je ressuscite... ( h M. Pincé.) Cependant j'apprends que le niarquis du Tour est fort assidu auprès d'elle depuis quelques jouis. Est-ce qu'il a trouvé le moyen de s'attirer la préférence? M. PINCÉ, riant.
Hé, lié î il est jeune.
LE BARON
Plairoit-il à ma femme ?
M. PINGS.
Il est vif.