ACTE II, SCKNE VII
L K BARON
Vous ètes-vous aperçu qu elle l'ecoutàt favorablement?
M. PINCÉ
Il est toujours parfaitement bien mis.
LE BARON
Seroit-il possible qu'elle fût assez folle pour vouloir l'ëpouser ?
Il pst bien bâti, ce peudard-là!
LE BAKON,à part.
O femmes !o femmes! voilà quelle est votre constance ! voilà le fond qu'il faut faire sur votre amour! Encore je lui pardonnerois , si elle me destinoit un plus difjue successeur; mais le marquis du Tour ! mais le plus fat et le plus impertinent de tous les bommes! Ingrate! infidèle! est-ce ainsi que vous m'avez aimé? Est -ce là l'honneur que vous faites à ma mémoire?
M. PINCÉ
Mon cher maître, yous ne faites pas réflexion qu'il y a dix-huit moîsljue vous êtes mort... LE BARON, à part.
Que la peste t'étouffe, pédant insupportable!
M. PINCÉ
Et que pendant tout ce temps -là elle n'a pas
cessé de dire qu'elle ne retrouveroit jamais un
homme tel que vous.
LE BA.ROK
Quoi! sérieusement?
M. PINCÉ
Rien n'est plus véritable.
•LE BARON
Il n'est donc pas possible qu'elle se soit coiffée du marquis... Mais l'histoire d'un esprit qui bat toutes les nuits du tambour dans ce chàtjîali mérite que je l'approfondisse, et elle peut même vous dunner lieu de m'introduire auprès de votre maîtresse. Il faut que vous lui disiez que vous venez de parler à un fameux devin , qui se fait fort de découvrir, par son art, ce que demande l'esprit qui revient ici, et même de le chasser de la maison.
M. PINCÉ
Je m'en vais rendre mes comptes à madame , et je me servirai de cette occasion pour lui parler de votre personne, conime vous me l'ordonnez. Madame Gatau , qui veut nous persuader que c'est votre esprit qui revient ici, sera bien surprise quand elle vous reverra... ( riant. ) Ha ! ha! ha! ha !....
LE BARON
Quoi! c'est Catau qui fait courir ce bruit-là?