‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Du Vaure, et PironChapitre 113 sur 242 · FRÉDÉRIC, ADÉLAÏDE · texte numérisé non relu

FRÉDÉRIC, ADÉLAÏDE

AD ÉlAIDE.

Seigneur, si vous m'aimez...

FRÉDÉRIC, l'interrompant.

rs'e me reprochez rien, Madame; cet amour se justifiera bien.

De votre hymen en vain la pompe se prépare : Malheur à qui l'ordonne !.. Oui, puisque le barbare Insulte à ma prière aussi bien qu'à vos pleurs, Il est temps d'opposer fureurs contre fureurs: L'hoinieur, votre repos, voilà ma loi suprême, .le n'aurai pas pour rien triomphe de moi-même :

L'eflort m'a trop coûté pour en perdre le fruit...

Madame , soyez libre , et partons cette nuit.

La Hotte est toute à moi ; je disposerai d'elle :

La fortune, les vents, les coeurs, tout nous appelle.

Je n'ai que trop tardé : l'infortuné Danois

Me reproche ses fers, et l'oubli de mes droits.

Vos malheurs et les siens sont devenus mes crimes :

Pour un monstre abhorré ce sont trop de victimes.

Pouvant parler en maître , et lus de supplier.

Cause de tant de maux, j'y dois remédier.

D'uu si juste projet soyez l'heureux mobile;

Oii je retrouve un trône acceptez un asile,

Madame ; et que du soin qui m'anime pour vous

Renaisse enhn ma gloire et le bonheur de tous !

ADÉLAÏDE

Kon ; je dois respecter l'asile qu'on m'accorde , Et ne pas y traîner une affreuse discorde. Dont je serois, seigneur, le flambeau détesté. L'n autre espoir eu vous aujourd'hui m'est reste. Si vous ne la sauvez, Léonor est perdue. Qu'avant la fin du jour elle me soit rendue ! iia vie est en péril , et la mienne en dépend.

FRÉDÉRIC

J'avois traité de fable un bruit qui se répand. De Gustave, en effet, seroit-elle la mère?

Vous concevez par-là combien elle m'est chère. Et tout le prix du temps qu'avec moi vous perdez... .Seigneur, avant la nuit, si vous me la rendez...

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