ACTE IV, SCENE IV
CHRISTIERXE.
Et le traître, dis-tu, qui tramoit ces complots...
RODOLPHE, l'interrompant.
Est en nos mains. De plus, par un bonheur extrême, Cet inconnu, je crois, est Gustave lui-même.
CHR ISTIERNE.
Gustave! D'où te naît ce soupçon?
RODOLPHE
De tout l'or Offert à l'un des miens, qui gardoit Léonor. Dans ses empressements pour cette prisonnière On a cru voir un fils alarmé pour sa mère. Le garde , incorruptible , a feint de l'écouter. Par ce moyen, sans bruit, on a su l'arrêter. Je l'ai vu. Sur son front , au lieu de l'épouvante , Sont peints le fier dépit et la rage impuissante. Ses regards dédaigxieux, un silence obstiné. Tout me l'annonce tel que je l'ai soupçonné. Quand vous le reverrez, vous jugerez de même. Mais, pour nous en convaincre, usons de stratagème Il ne peut être ici reconnu que des siens. Moins prêts à resserrer qu'à rompre ses liens ; Songeons donc à percer prudemment ce mystère.